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Londres et Bristol – écoquartiers et dynamiques sociales

Date:
mercredi, 28 mai 2014 - dimanche, 01 juin 2014

Pour les pouvoirs publics au Royaume-Uni, la conciliation des trois dimensions du développement durable – économie, environnement et société – n’exclut pas une hiérarchisation marquée des politiques à activer. L’approche souvent privilégiée est ainsi de favoriser d’abord la croissance économique, puis de minimiser les nuisances environnementales, et enfin d’atténuer les inégalités sociales. Concernant les villes, on observe par exemple que les vagues actuelles de rénovation urbaine chassent presque systématiquement les habitants des centres. Mais d’autres logiques sont aussi à l’œuvre, ainsi qu’en témoignent, entre autres, la multiplication des Community Land Trust (coopératives acquérant du terrain à bâtir), l’importance prise par une monnaie complémentaire à Bristol, ou plus généralement la dynamique du mouvement des villes en transition.

15 personnes, dont deux jeunes de 14 et 15 ans et un bébé ont participé au voyage. A Londres et Bristol, ce ne sont pas moins de 13 personnes qui nous ont reçus, guidés et fait découvrir les différents lieux de visite et initiatives.

Les visites ont été les suivantes :

Londres

À Brixton, un quartier du Sud de Londres, le Somerleyton Road project est une initiative citoyenne visant à réhabiliter un périmètre urbain et à créer des logements abordables, des espaces d’activité et des commerces de proximité. Brad, un des initiateurs du projet, nous apprend que près de 400 habitants de Brixton se sont mobilisés pour faire des propositions. Ayant reçu l’appui des autorités locales, la démarche se poursuit maintenant selon une logique de partenariat.
BedZED est emblématique : écoquartier pionnier, 100 logements et espaces d’activité. Un des architectes de l’agence Bill Dunster (à l’origine du projet) nous présente les lieux.
Le Parc olympique Reine Elisabeth se distingue de toutes les opérations du même type : le projet a en effet prévu le redimensionnement des infrastructures et la reconversion du village olympique dès la fin des jeux 2012. Nous sommes surtout impressionnés par la renaturation du site, qui était originellement une zone industrielle.
Dans le quartier de Dalston, John nous fait découvrir un jardin de quartier mêlant potagers et aires de jeu pour les enfants, un espace où se mêlent théâtre et recherche appliquée sur la production d’énergie à l’hydrogène, un rucher urbain, un restaurant pratiquant l’aquaponie (système circulaire où les déjections de poissons en aquarium fertilisent des cultures et où les cultures purifient l’eau des poissons). Le quartier tombait en ruine ; aujourd’hui, parmi une multitude de petites initiatives, on voit par ex. les habitants se fédérer pour rouvrir une boulangerie et d’autres commerces de proximité. Mais le mouvement ne va pas sans déclencher une gentryfication progressive…
La redynamisation et restructuration du quartier de King’s Cross correspond à un modèle très différent de celui de Dalston : opération énorme, contrôlée par un acteur privé unique, avec une dimension participative qui semble alibi et des ambitions assez peu crédibles en matière de durabilité. On y voit néanmoins plusieurs beaux bâtiments contemporains, ainsi que des réhabilitations exemplaires d’architectures du XIXe (dont la gare St-Pancrace).
Développé selon un masterplan très convainquant de Ralph Erskine, le nouveau quartier Greenwich Millenium Village vise des objectifs élevés en matière de durabilité (surtout environnementale et énergétique). À son achèvement vers 2015, il devrait comprendre près de 1400 habitations.

Bristol (428’100 habitants en 2011)

Ashley Vale, en périphérie de Bristol, s’est développé ses 10 dernières années sur un site précédemment industriel. La caractéristique de ce petit quartier tient au fait que les habitations qui le composent – une trentaine – ont été édifiées en auto-construction. Anna et Jackson nous expliquent, chiffres à l’appui, les avantages financiers de la démarche, son intérêt pour accéder au logement, ainsi que ses apports en termes de lien social, d’entre-aide, d’émulation dans le choix de solutions durables et de capitalisation de l’expérience. Mais on nous parle également de la difficulté à intégrer avec succès des logements sociaux en location au cœur du quartier. Fort de cette aventure, Jackson a créé un réseau national pour la promotion de l’auto-construction et s’est engagé dans l’organe faîtier réunissant les Community Land Trust de Grande Bretagne (coopératives acquérant du terrain à bâtir).
Green Capital, Bristol Pound et engagement de la municipalité : en 2015, Bristol sera « capitale verte européenne ». Elle a reçu cette distinction pour ses efforts particuliers en matière de politiques vertes (l’évaluation ne porte pas sur le niveau de performance atteint, mais sur les progrès accomplis). Gus van Hoyt, membre de l’exécutif de la ville, et Mark Leach, de l’administration municipale, nous parlent aussi de l’agriculture de proximité et de sa consolidation par le Bristol Pound. Cette monnaie complémentaire, soutenue par la ville, est la plus importante de son espèce au Royaume-Uni (les employés municipaux peuvent recevoir une partie de leur salaire en Bristol Pound).
Kristin et Simone retracent pour nous le développement du mouvement ville en transition à Bristol. La circulation de l’information (réseau) et la capacité de mobilisation jouent un rôle majeur pour donner tout son sens à ce mouvement décentralisé.

Fichiers attachés
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